La Tunisie accélère la protection de la couche d’ozone avec le lancement de la phase finale du Plan de Gestion de l’Élimination des substances HCFC
18 février 2026
Tunis, le 17 février 2026 – Dans le cadre des efforts continus de la Tunisie pour honorer ses engagements internationaux en matière de protection de la couche d'ozone et du climat, l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE) ont organisé, le 10 février 2026 à Tunis, un atelier de consultation nationale marquant le lancement de la Phase III du Plan de Gestion de l’Élimination des HCFC (PGEH).
Les HCFC (hydrochlorofluorocarbones) sont des fluides frigorigènes principalement utilisés dans le secteur de la Réfrigération et de Climatisation (RAC). Bien qu'efficaces pour le refroidissement, ils sont responsables de la destruction de la couche d'ozone et contribuent fortement au réchauffement climatique.
Ce programme de transition vers les nouvelles technologies respectueuses de l’environnement, s'inscrit dans une dynamique historique : depuis 1993, l'ONUDI, avec l'appui du Fonds Multilatéral, soutient plus de 100 pays pour réduire l'usage des substances nocives pour l'ozone. En Tunisie, cet engagement se concrétise par la mise en œuvre des projets Protocole de Montréal et de l’Amendement de Kigali, coordonnés par l’ANPE en partenariat avec l'ONUDI et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement).
Après le succès en Tunisie des deux premières phases (2014 - 2026), marquées par une réduction de 70% de ces substances et ayant permis à de nombreuses entreprises tunisiennes de réussir leur transition écologique et technologique, cette nouvelle phase (2026 –2030) vise l'élimination totale des HCFC d'ici 2030.
« Cette nouvelle phase ne se contente pas d'éliminer simplement des substances nocives à la couche d’ozone; elle vise à transformer durablement le secteur tunisien du froid pour le rendre plus performant et respectueux de l'environnement. C’est un signal fort pour nos industriels : la transition vers des technologies propres est désormais une réalité opérationnelle », a souligné M. Youssef Hammami, Coordinateur de l’Unité Nationale d’Ozone (ANPE).
Enjeux et priorités de la Phase III (2026-2030)
La Phase III, dotée d'un budget de 1,12 million de dollars financé par le Fonds multilatéral, prévoit des actions concrètes pour ramener la consommation nationale de ces substances HCFC à zéro à l’horizon de 2030 :
- Instauration et mise en œuvre d’un programme national de récupération, recyclage et régénération (RRR) des fluides frigorigènes contrôlés par le protocole de Montréal,
- Equipements, Formation, et renforcement des capacités :
- Formation des techniciens, commerciaux, ingénieurs conseils et architectes sur les nouvelles technologies alternatives, et mise en œuvre d’un programme national pour la certification des techniciens et des sociétés de service opérant dans le secteur du froid ;
- Réhabilitation du Centre Sectoriel de Formation en Énergétique de Kairouan afin d’assurer la formation à l’utilisation des réfrigérants naturels (Ammoniac, CO2, absorption), en tant qu’alternatives sans danger pour l'atmosphère.
- Soutien aux centres de formation professionnelles avec des équipements et outillages servant pour promouvoir les bonnes pratiques de gestion des fluides frigorigènes.
- Octroi de bourses d'études pour encourager l’intégration des femmes dans les métiers du froid.
- Projets pilotes dans les secteurs clés
- De la pêche à travers des projets pilotes dans les ports tunisiens visant à moderniser les équipements de réfrigération à l’aide de réfrigérants naturels, et à promouvoir les bonnes pratiques de maintenance afin de prévenir les fuites.
- De l’industrie agroalimentaire à travers des projets pilotes démontrant des nouvelles technologies respectueuses de l’environnement, avec dissémination des résultats de ces projets à l’ensemble des entreprises du secteur.
Soulignant l’importance de cette phase finale, M. Benoît Wuatelet - Expert International au siège de l'ONUDI à l’unité Protocole de Montréal, a déclaré : « Cette phase finale vise à accompagner les acteurs nationaux dans l’adoption de technologies alternatives à faible impact climatique, en tenant compte des contraintes économiques et opérationnelles du secteur. »
A propos de l’ONUDI
L'ONUDI est une agence spécialisée des Nations Unies, dont le mandat unique est de promouvoir, dynamiser et accélérer le développement industriel inclusif et durable.
L'ONUDI, la couche d'ozone et le protocole de Montréal
La couche d'ozone est une partie de l'atmosphère terrestre qui absorbe la plupart des rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil. L'utilisation de chlorofluorocarbones (CFC) dans les bombes aérosols, la réfrigération, la climatisation et le secteur des mousses a été identifiée comme la cause de l’appauvrissement de la couche d’ozone. Le Protocole de Montréal a tracé la voie pour l’élimination progressive des CFC et de près de 100 autres substances chimiques fabriquées par l’homme et responsables de l’appauvrissement de la couche d’ozone (SAO). Les hydrofluorocarbures (HFC) ont ensuite été introduits comme substituts aux CFC et aux HCFC. Bien que les HFC n’appauvrissent pas la couche d’ozone, ce sont de puissants gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique.
L’ONUDI est l’une des quatre agences chargées de la mise en œuvre du Protocole de Montréal et se trouve à l’avant-garde de l’action climatique. L’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal, entré en vigueur en 2019, vise à réduire progressivement les HFC. On estime que la mise en œuvre complète de l’Amendement de Kigali, combinée à des mesures d’efficacité énergétique accrues, pourrait éviter jusqu’à 0,5 °C de réchauffement climatique d’ici 2100.
Personnes à contacter :
Hela Ghedira
Experte Nationale en Communication à l’ONUDI
h.ghedira@unido.org - +216 93 123 268
Youssef Hammami
Coordinateur National du projet Protocole de Montréal à l’ONUDI
youssefhamami@yahoo.fr
Au niveau académique, M. Ben Hassine a obtenu en Tunisie en 1991 la Maîtrise en “Économie et Relations Internationales », et en 1995, le Diplôme d'Études Approfondies (DEA) en Sciences Politiques, avec une spécialisation en Relations Commerciales Internationales. Il a également fait partie de la première promotion formée par l'OMC de janvier à avril 1991 sur les accords de l'OMC (biens et services).
M. Ben Hassine a commencé sa carrière en Tunisie, entre 1999 et 2000 au Ministère de la Coopération Internationale et de l'Investissement Extérieur, en contribuant concrètement à la préparation des négociations commerciales multilatérales de la Tunisie dans les biens et les services (engagement auprès de l'OMC). Il a également participé à l'élaboration de la stratégie de coopération économique de la Tunisie avec l'Union européenne (UE) dans le cadre de l'Accord d'Association.
Il a par la suite continué son parcours professionnel au Canada entre 2001 et 2008. Ses champs d'expertise comprennent les aspects pratiques du commerce international. Une attention particulière a été accordée à la conception et la gestion de projets financés par l'ancienne Agence Canadienne de Développement International (ACDI), dans le domaine du commerce international pour les pays d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne. Il était également responsable du suivi de la mise en oeuvre de certains projets financés par le "Fonds tuniso-canadien pour le développement du secteur privé en Tunisie". Il a également agi, entre 2001 et 2002, comme responsable de l'Unité de formation à l'Association des Maisons de Commerce du Québec (AMCEQ).
Tant en Tunisie qu’au Canada, M. Ben Hassine a été chargé de cours invité à l'Université de Québec à Montréal (UQAM) et dans de nombreuses universités tunisiennes, pour enseigner le système commercial multilatéral et les aspects pratiques du commerce international.
En 2008 M. Ben Hassine a rejoint la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (SIFC/ITFC), membre du Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID). En tant qu’Expert Principal, il a dirigé depuis 2019 la deuxième phase de l'Initiative d'Aide au Commerce pour les États Arabes (AfTIAS 2.0 Program). Il s'agit d'un programme multi-donateurs, multi-pays et multi-agences conçu pour une durée de cinq ans. Il a été officiellement lancé en octobre 2021 avec le soutien de 08 donateurs. Jusqu'au 30 mars 2023, 21 projets ont été approuvés dans le cadre de cette phase (05 régionaux & 16 nationaux), dont 02 seront mis en oeuvre par l'ONUDI.
Il a également été directeur de la 1ère Phase du programme AfTIAS mis en oeuvre entre 2014 et 2019. Cette phase s'est conclue par un bilan réussi de 28 projets au profit de 19 pays, en collaboration avec 05 Agences des Nations Unies et 04 autres Institutions Internationales. Parmi ces projets approuvés, 07 d'entre eux ont été mis en oeuvre par l'ONUDI.
M. Ben Hassine parle couramment l'arabe, l'Anglais et le Français, avec une connaissance pratique de l'Allemand