Discours de Madame la Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies en Tunisie à l’occasion de la première réunion du Comité de Pilotage du projet
27 mars 2026
Amélioration de la gouvernance territoriale pour un accès équitable et une utilisation durable de l’eau afin de promouvoir une culture de paix dans les régions de Gafsa et Kairouan
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche maritime
Monsieur Hamadi Habaieb, Secrétaire d’Etat chargé de l’Eau,
Monsieur Abdourahman Maki, représentant de la FAO,
Monsieur Michel Le Pechoux, Représentant de l’UNICEF en Tunisie,
Madame Céline Moyroud, Représentante Résidente du PNUD en Tunisie,
Mesdames Messieurs membres du Comité de Pilotage du projet « Amélioration de la gouvernance territoriale pour un accès équitable et une utilisation durable de l’eau afin de promouvoir une culture de paix dans les régions de Gafsa et Kairouan »
Je suis heureuse de vous accueillir à cette première réunion du Comité de Pilotage, qui constitue une étape essentielle dans le processus de mise en place de la gouvernance stratégique du projet.
Comme vous le savez, la Tunisie fait face aujourd’hui à une crise hydrique sans précédent, résultant de l’impact combiné des changements climatiques, de la surexploitation des ressources et de la pression croissante exercée sur l’eau par divers secteurs, en particulier l’irrigation et l’approvisionnement en eau potable. Dans plusieurs régions, notamment à Gafsa et à Kairouan, l’accès à l’eau est devenu un facteur déterminant des tensions sociales. Face à ces défis, il nous incombe d’assumer une responsabilité collective consistant à élaborer des réponses coordonnées, solidaires et durables, capables de renforcer la résilience des territoires.
Ce projet vient traduire concrètement ces ambitions, puisqu’il vise à instaurer une gouvernance locale de l’eau plus inclusive, transparente et participative, tout en renforçant les capacités techniques et institutionnelles pour prévenir et gérer les conflits liés à l’eau. Le projet s’appuie sur les dynamiques communautaires et les mécanismes participatifs existants afin de développer des solutions innovantes, co‑construites et adaptées aux réalités du terrain.
Je souhaiterais également saluer l’engagement des trois agences partenaires du système des Nations Unies :
- l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui assure la coordination générale du projet et apporte son expertise en gestion durable des ressources hydriques ;
- le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui contribue au renforcement de la gouvernance territoriale, de la cohésion sociale et des mécanismes de prévention des conflits ;
- le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), qui œuvre à l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à la santé et à l’hygiène, tout en renforçant les capacités locales, en particulier celles des jeunes et des femmes.
Je suis également heureuse de rappeler l’importance du Fonds du Secrétaire général des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF), qui constitue le principal mécanisme au sein du système onusien pour investir dans la prévention des conflits et le renforcement de la paix. Ce fonds appuie des initiatives conjointes réunissant les agences des Nations Unies, les autorités nationales et locales, les organisations de la société civile et les acteurs régionaux, en adoptant des approches intégrées reliant les dimensions humanitaires, de développement, de droits humains et de consolidation de la paix. En Tunisie, le projet de soutien à la gouvernance locale pour une utilisation durable de l’eau APAISE-PBF constitue le troisième projet financé par ce fonds.
Dans ce contexte, notre réunion d’aujourd’hui revêt une importance particulière, puisqu’elle coïncide avec la proclamation par le Système des Nations Unies de l’année 2026 comme Année internationale des Agricultrices, ainsi qu’avec la célébration de la Journée mondiale de l’eau placée sous le thème « L’eau et l’égalité des genres ». Cette concomitance vise à sensibiliser l’ensemble des parties prenantes à l’importance du rôle essentiel que jouent les femmes et les filles dans le secteur agricole, notamment dans la promotion d’un accès équitable aux ressources en eau et dans la garantie de leur gestion durable au bénéfice de toutes et de tous.
L’objectif de la réunion du Comité de Pilotage aujourd’hui est de :
- Valider les structures de gouvernance du projet,
- Valider les termes de référence des Comités de Pilotage Techniques au niveau régional,
- Étudier et approuver le plan de travail conjoint ainsi que le budget,
- Présenter la stratégie de communication pour l’année 2026,
- Discuter des défis et des mesures d’atténuation.
Je suis heureuse de constater que cette réunion rassemble aujourd’hui les différentes institutions intervenantes issues de plusieurs ministères, ainsi que nos partenaires au sein des Nations Unies. Votre présence témoigne de l’importance stratégique de ce projet et de notre volonté commune de travailler de manière coordonnée face à la crise hydrique.
Notre mission est ambitieuse, mais elle répond aux attentes des populations des gouvernorats de Gafsa et de Kairouan. Grâce à nos efforts conjoints, nous pouvons construire un cadre équitable et résilient de gouvernance de l’eau, qui pourrait constituer un modèle à suivre dans d’autres régions du pays.
Je vous remercie pour votre engagement et j’espère que les résultats de cette réunion seront fructueux et constructifs, contribuant à la réussite de ce projet.
Rana Taha
Mme Taha apporte à ce poste plus de 20 années d’expérience diversifiée au sein des agences, fonds et programmes des Nations Unies, ainsi que des missions de maintien de la paix et des missions politiques spéciales. Avant sa nomination en Tunisie, elle occupait le poste de Cheffe d’équipe et Conseillère principale pour la paix et le développement auprès des Nations Unies au Kenya.
De 2015 à 2019, elle a exercé plusieurs fonctions au sein des Départements des affaires politiques et de la consolidation de la paix (DPPA) et des opérations de paix (DPO) au siège des Nations Unies, où elle a dirigé le Programme régional Moyen-Orient/Afrique du Nord pour le maintien de la paix et les missions politiques spéciales.
Mme Taha a précédemment servi dans les missions des Nations Unies au Liban (FINUL, UNSCOL) et au Soudan (MINUS et MINUAD), notamment en tant qu’Assistante spéciale et Conseillère auprès des Représentants successifs du Secrétaire général de 2007 à 2015.
De 2003 à 2007, elle a été Représentante d’Interpeace et Responsable de programme au Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) dans les territoires palestiniens occupés.
Plus tôt dans sa carrière, elle a travaillé en tant que Chercheuse à l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement en Suisse, de 2001 à 2002.
Mme Taha est titulaire d’une maîtrise en relations internationales et politiques publiques de l’Université McMaster, ainsi que d’une maîtrise en sociologie de l’Université de Jordanie. Elle est mariée et mère d’un fils.