Histoire
26 mars 2026
De la valorisation des ressources à la protection des terres : des communautés tunisiennes bâtissent un avenir durable
Pourtant, ces ressources : agricoles, naturelles ou locales, sont souvent fragilisées par les défis économiques, le changement climatique ou le manque d’opportunités.Face à ces réalités, des femmes entrepreneuses, des agriculteurs et des acteurs locaux trouvent des solutions pour transformer les difficultés en nouvelles possibilités. Avec l’appui des agences des Nations Unies, des initiatives locales permettent de valoriser les ressources disponibles, renforcer les connaissances et soutenir des activités durables qui améliorent la vie des familles et des communautés.À Beni Khalled, région connue pour ses vergers d’orangers et de citronniers, un projet soutenu par le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), intitulé « From Citrus Waste to Prosperity », a ouvert de nouvelles perspectives à plus de 40 femmes.L’initiative part d’une idée simple : utiliser les pelures d’oranges et de citrons, souvent jetées après la récolte, pour créer des produits à forte valeur ajoutée. Pour Hajer, cette idée s’est transformée en véritable opportunité. Grâce aux formations proposées dans le cadre du projet, elle a appris à distiller des huiles essentielles à partir des pelures d’agrumes. Ce qui était autrefois un déchet est devenu la base d’une activité qui lui permet aujourd’hui d’augmenter ses revenus.Les formations en entrepreneuriat et en marketing lui ont également permis de mieux promouvoir ses produits et de développer sa clientèle. Faouzia , une autre participante, a choisi une approche différente. Passionnée de cuisine, elle a revisité certaines recettes de boulangerie traditionnelle en y ajoutant des zestes d’agrumes. Ses pains parfumés ont rapidement trouvé leur place sur les marchés locaux. Pour elle, cette activité représente bien plus qu’un simple revenu : c’est une manière de valoriser les ressources locales tout en apportant une touche d’innovation à la tradition.Mais l’un des changements les plus importants est celui qui s’est produit entre les femmes elles-mêmes. Comme l’explique une responsable du projet :« Une dynamique transformative s’est créée entre les femmes participantes. Elles travaillent désormais ensemble, se soutiennent et ont développé davantage de confiance en elles. »Si à Beni Khalled la valorisation des ressources locales ouvre de nouvelles perspectives économiques, dans d’autres régions du pays, les communautés rurales font face à des défis différents, nécessitant d’autres formes de résilience. Depuis plusieurs années, les agriculteurs tunisiens sont confrontés à la propagation d’un insecte nuisible appelé Dactylopius opuntiae, qui menace les plantations de cactus. Or cette plante joue un rôle important dans l’économie rurale, l’alimentation animale et la protection des sols dans les zones arides. Pour faire face à cette situation, les agriculteurs, accompagnés par leurs partenaires, ont progressivement adopté de nouvelles approches pour protéger leurs cultures. Dans ce cadre, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en collaboration avec les autorités nationales et les communautés locales, a mis en place une approche intégrée combinant solutions biologiques, renforcement des capacités et protection de la biodiversité.Parmi les actions menées figure le lâcher de plus de 13 000 coccinelles, des insectes qui se nourrissent naturellement de la cochenille et permettent de réduire sa propagation. Pour Dr Ridha, expert au Centre technique des agrumes, cette avancée est encourageante :« Depuis novembre, nous avons pu passer de 1 000 à 13 000 coccinelles. Malgré l’hiver rude, elles ont tenu bon. C’est une victoire pour nous tous. »Les agriculteurs participent également aux Écoles Champ Paysan, où ils apprennent à surveiller leurs cultures, à pratiquer la taille du cactus pour limiter l’infestation et à partager leurs expériences.Pour M. Bennani, agriculteur à Zelfen :« La taille du cactus, est nouvelle ici . Mais on voit déjà la différence : on surveille le champ d’une manière plus minutieuse. Grâce à cette formation, je me sens enfin acteur de la solution. »Dans le même temps, les experts ont identifié neuf variétés locales de cactus résistantes ou tolérantes à la cochenille, désormais multipliées pour protéger les plantations et préserver la biodiversité.Ces initiatives illustrent concrètement comment des solutions locales peuvent répondre à des défis globaux. En soutenant l’entrepreneuriat féminin, la gestion durable des ressources et la protection des écosystèmes, elles contribuent directement à plusieurs Objectifs de développement durable, notamment une production et une consommation responsables (ODD 12), le développement économique inclusif (ODD 8) et la préservation des écosystèmes terrestres (ODD 15).À travers ces actions, les Nations Unies et leurs partenaires démontrent que des solutions existent déjà sur le terrain pour construire un avenir plus durable et inclusif.Ces initiatives s’inscrivent pleinement dans la dynamique de la campagne « 5 Years For », qui appelle à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’approche de 2030. Elles montrent que chaque action, à l’échelle locale, peut contribuer à un impact global.👉 Rejoignez la mobilisation et découvrez comment participer à la campagne