Histoire
13 mai 2026
Quand les soins évoluent, les vies changent : renforcer les réponses fondées sur des données probantes au VIH et à la dépendance aux drogues en Tunisie
Pour les personnes vivant avec le VIH ou confrontées à la dépendance aux drogues injectables, la maladie n’est souvent qu’une partie de l’épreuve. La peur du jugement, la stigmatisation et l’isolement social peuvent parfois être plus lourds à porter que la maladie elle-même. Face à ces réalités, les Nations Unies en Tunisie, à travers leurs agences spécialisées et en partenariat avec les autorités nationales, travaillent à renforcer les politiques publiques et les systèmes de santé afin de placer la dignité humaine, l’égalité et la santé au cœur des réponses. Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, l’augmentation de l’usage de drogues, en particulier chez les jeunes adultes, représente un défi majeur de santé publique. L’usage de drogues coûte jusqu’à 2 % du PIB dans certaines économies, tandis que les options de traitement restent limitées : seuls 11 pays de la région proposent actuellement une thérapie par agonistes opioïdes (TAO), une approche reconnue pour stabiliser les patients et réduire les risques de transmission du VIH et de l’hépatite. Pour répondre à ces enjeux, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) soutient les autorités tunisiennes dans le renforcement des stratégies de traitement et de prévention. Une récente visite d’étude en Algérie a permis à une délégation tunisienne composée d’experts de santé, de pharmaciens et de responsables publics d’observer de près le programme national de traitement à la méthadone lancé en 2020.
Cette immersion a offert aux participants une perspective concrète sur la manière dont un programme structuré peut améliorer la vie des personnes dépendantes aux opioïdes tout en renforçant la prévention du VIH. « Cette visite nous a offert une précieuse occasion de comprendre les défis auxquels nous pourrions être confrontés et de recevoir des conseils éclairés sur la manière de les naviguer et de les éviter », explique Dr. Rim Mansouri, Inspectrice générale de la santé et Directrice de l’Office national des stupéfiants en Tunisie.
Pour Dorra Idoudi, pharmacienne et responsable de la pharmacie à l’hôpital El Razzi, cette expérience a été particulièrement marquante.
« Cette visite en Algérie a été une véritable révélation inspirante. Elle m’a permis d’évaluer de manière critique les pratiques actuelles en Tunisie et d’identifier des pistes concrètes d’amélioration. L’expérience algérienne démontre clairement qu’avec un soutien structuré, le traitement par méthadone est à la fois sûr et efficace. Cela offre un véritable espoir pour des milliers de patients. » Ces échanges régionaux marquent une étape importante dans la préparation de la Tunisie à développer son propre programme de traitement à la méthadone, une composante essentielle des approches modernes de réduction des risques. Briser le silence et combattre la stigmatisation Cette avancée dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes ouvre la voie à une action complémentaire : la lutte contre la stigmatisation et la discrimination qui touchent particulièrement les personnes vivant avec le VIH. Dans ce domaine, ONUSIDA joue un rôle central aux côtés du ministère tunisien de la Santé. Pendant de nombreuses années, des défis liés à la confidentialité du statut sérologique des patients ont persisté dans certains contextes de soins. Dans certains cas, des informations relatives au VIH pouvaient être visibles sur certains dossiers médicaux ou dans des espaces hospitaliers, ce qui a pu entretenir la peur et l’exclusion. À la suite d’efforts continus de plaidoyer et de dialogue menés avec les institutions nationales, une avancée majeure a été franchie : le ministre de la Santé a officiellement signé une circulaire interdisant la divulgation et l’affichage public du statut VIH dans les structures de soins, sauf lorsque cela est strictement nécessaire et uniquement accessible aux professionnels de santé autorisés. Cette mesure représente une étape essentielle pour restaurer la confiance des patients et garantir leur droit à la confidentialité et à des soins dignes. Parallèlement, la réduction des risques, une approche fondée sur les droits humains et promue par l’ONUDC l’Organisation mondiale de la Santé et ONUSIDA, a été officiellement intégrée dans le programme national de lutte contre le VIH/SIDA. Cette approche privilégie l’accompagnement, la prévention et l’engagement communautaire plutôt que la stigmatisation ou la répression. Réfléchissant à des années de solide partenariat entre l’ONUDC et l’ONUSIDA, Mme Cristina Albertin, Représentante régionale de l’ONUDC pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a souligné : "Travailler côte à côte avec l’ONUSIDA a permis de transformer des engagements communs en actions concrètes et durables. Cette collaboration a renforcé le traitement de substitution aux opioïdes, consolidé les capacités nationales et favorisé une approche plus intégrée et fondée sur des données probantes face au VIH et à la consommation de drogues, en reliant prévention, traitement et réhabilitation au sein d’un même continuum de soins."Les données montrent l’urgence d’agir : selon l’enquête bio-comportementale de 2021, la prévalence estimée du VIH chez les personnes qui s’injectent des drogues en Tunisie atteint 8,8 %. L’introduction récente de la thérapie par agonistes opioïdes représente ainsi une avancée prometteuse pour réduire les risques d’infection et améliorer l’accès aux soins. Une action collective pour transformer les vies En combinant réformes politiques, renforcement des systèmes de santé et coopération régionale, les Nations Unies contribuent à créer un environnement où les personnes vulnérables peuvent accéder à des soins sûrs, confidentiels et respectueux de leurs droits. À l’approche de 2030, ces efforts rappellent que les Objectifs de développement durable prennent tout leur sens lorsqu’ils se traduisent concrètement dans la vie des communautés. Un changement durable reste possible lorsque gouvernements, organisations internationales et communautés travaillent ensemble afin de bâtir un avenir plus juste, inclusif et résilient pour tous. Rejoignez la mobilisation et découvrez comment, vous aussi, vous pouvez faire la différence.
Cette immersion a offert aux participants une perspective concrète sur la manière dont un programme structuré peut améliorer la vie des personnes dépendantes aux opioïdes tout en renforçant la prévention du VIH. « Cette visite nous a offert une précieuse occasion de comprendre les défis auxquels nous pourrions être confrontés et de recevoir des conseils éclairés sur la manière de les naviguer et de les éviter », explique Dr. Rim Mansouri, Inspectrice générale de la santé et Directrice de l’Office national des stupéfiants en Tunisie.
Pour Dorra Idoudi, pharmacienne et responsable de la pharmacie à l’hôpital El Razzi, cette expérience a été particulièrement marquante.
« Cette visite en Algérie a été une véritable révélation inspirante. Elle m’a permis d’évaluer de manière critique les pratiques actuelles en Tunisie et d’identifier des pistes concrètes d’amélioration. L’expérience algérienne démontre clairement qu’avec un soutien structuré, le traitement par méthadone est à la fois sûr et efficace. Cela offre un véritable espoir pour des milliers de patients. » Ces échanges régionaux marquent une étape importante dans la préparation de la Tunisie à développer son propre programme de traitement à la méthadone, une composante essentielle des approches modernes de réduction des risques. Briser le silence et combattre la stigmatisation Cette avancée dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes ouvre la voie à une action complémentaire : la lutte contre la stigmatisation et la discrimination qui touchent particulièrement les personnes vivant avec le VIH. Dans ce domaine, ONUSIDA joue un rôle central aux côtés du ministère tunisien de la Santé. Pendant de nombreuses années, des défis liés à la confidentialité du statut sérologique des patients ont persisté dans certains contextes de soins. Dans certains cas, des informations relatives au VIH pouvaient être visibles sur certains dossiers médicaux ou dans des espaces hospitaliers, ce qui a pu entretenir la peur et l’exclusion. À la suite d’efforts continus de plaidoyer et de dialogue menés avec les institutions nationales, une avancée majeure a été franchie : le ministre de la Santé a officiellement signé une circulaire interdisant la divulgation et l’affichage public du statut VIH dans les structures de soins, sauf lorsque cela est strictement nécessaire et uniquement accessible aux professionnels de santé autorisés. Cette mesure représente une étape essentielle pour restaurer la confiance des patients et garantir leur droit à la confidentialité et à des soins dignes. Parallèlement, la réduction des risques, une approche fondée sur les droits humains et promue par l’ONUDC l’Organisation mondiale de la Santé et ONUSIDA, a été officiellement intégrée dans le programme national de lutte contre le VIH/SIDA. Cette approche privilégie l’accompagnement, la prévention et l’engagement communautaire plutôt que la stigmatisation ou la répression. Réfléchissant à des années de solide partenariat entre l’ONUDC et l’ONUSIDA, Mme Cristina Albertin, Représentante régionale de l’ONUDC pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a souligné : "Travailler côte à côte avec l’ONUSIDA a permis de transformer des engagements communs en actions concrètes et durables. Cette collaboration a renforcé le traitement de substitution aux opioïdes, consolidé les capacités nationales et favorisé une approche plus intégrée et fondée sur des données probantes face au VIH et à la consommation de drogues, en reliant prévention, traitement et réhabilitation au sein d’un même continuum de soins."Les données montrent l’urgence d’agir : selon l’enquête bio-comportementale de 2021, la prévalence estimée du VIH chez les personnes qui s’injectent des drogues en Tunisie atteint 8,8 %. L’introduction récente de la thérapie par agonistes opioïdes représente ainsi une avancée prometteuse pour réduire les risques d’infection et améliorer l’accès aux soins. Une action collective pour transformer les vies En combinant réformes politiques, renforcement des systèmes de santé et coopération régionale, les Nations Unies contribuent à créer un environnement où les personnes vulnérables peuvent accéder à des soins sûrs, confidentiels et respectueux de leurs droits. À l’approche de 2030, ces efforts rappellent que les Objectifs de développement durable prennent tout leur sens lorsqu’ils se traduisent concrètement dans la vie des communautés. Un changement durable reste possible lorsque gouvernements, organisations internationales et communautés travaillent ensemble afin de bâtir un avenir plus juste, inclusif et résilient pour tous. Rejoignez la mobilisation et découvrez comment, vous aussi, vous pouvez faire la différence.